Interprète Alain Bashung
Auteur Alain Bashung
Sortie en France 21/10/2002
Sortie Mondiale
21/10/2002

Liste des plages
1- Tel -
2- Faites Monter -
3- Je Me Dore -
4- Mes Bras -
5- La Ficelle -
6- Noir De Monde -
7- L'irréel -
8- Jamais D'autre Que Toi -
9- Est-ce Aimer -
10- Le Dimanche à Tchernobyl -
11- Dans La Foulée -
12- Faisons Envie -
13- L'imprudence -




 

L'imprudence
 
Une belle imperfection
 

05/01/2003

Dire que ce nouvel album de Bashung était attendu comme le Messie relève de l’euphémisme. Après le coup de génie de « Fantaisie Militaire », véritable tournant dans une discographie assez inégale, le cow-boy mélancolique le plus populaire de France se devait d’être à la hauteur. Pari à moitié tenu, si l’on veut être tout à fait honnête. Le consensus critique à la sortie de « L’imprudence » semble plus saluer la carrière singulière de Bashung que ce disque lui-même.

Une belle imperfection

« Fantaisie Militaire » avait porté Bashung sur des hauteurs peu fréquentées par la variété d’ici. Ce disque lumineux, écrit et réalisé dans le spleen le plus sombre, constituait un miracle d’équilibre et d’émotion retenue. « L’imprudence », à l’image de la pochette, semble, lui, ployer sous une surcharge d’obscurité, qui, par moments, semble plus artificielle que sincère. Entendons nous bien, ce disque vaut largement le détour et recèle bien des qualités. Pour le décrire d’une formule, par définition, un peu rapide, disons que si « Fantaisie Militaire » représentait la parfaite quadrature du cercle, « L’imprudence » est un album d’une belle imperfection. Ce n’est pas rien dans un contexte où beaucoup de disques ne sont, purement et simplement, rien.
Ainsi des titres particulièrement enlevés (on pense notamment aux magnifiques « Je me dore » ou « Dans la foulée ») côtoient des morceaux plus plombés, qui peinent à égaler l’inspiration des meilleures chansons de Bashung. On regrette que l’aigle altier et souverain vole parfois en rase-mottes.

Des textes superbes

Les textes eux demeurent superbes, énigmatiques jusqu’à l’opacité, pleins d’une poésie ample, où chacun peut nicher ses obsessions . Ils déclinent toujours les thèmes de la geste amoureuse et des tourments sentimentaux. Si cette fois, on dénote quelques références explicites à des éléments plus factuels (inondations de la Somme, fuite olympique de Marie-José Pérec, drame des habitants de Tchernobyl) jamais Bashung ne tombe dans la lourde moralisation mais au contraire, intègre ces données à son univers pour les éclairer à l’aune de ses propres névroses.

Bref, sans être le chef d’œuvre espéré après presque cinq années d’attente, sans être le monument que la presse érige depuis sa sortie, « L’imprudence » s’avère être un disque plutôt réussi de Alain Bashung, ce qui suffit à en faire un remarquable album. On attend donc avec encore plus d’impatience sa transposition scénique, promise pour les prochains mois.
.::Samuel
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