Un film de Noémie Lvovsky
Pays d'origine France
Durée 1h34
Sortie en France 05/11/2003

Avec
Jean-Pierre Bacri (Jacques)
Nathalie Baye (Carole)
Melvil Poupaud (François)
Isabelle Carré (Edith)

Scénario Noémie Lvovsky et Florence Seyvos
Musique Noémie Lvovsky, Florence Seyvos et Philippe Roueche
Production Renn Productions, France
Distribution ARP Sélection, France




 

Les Sentiments
 
 

14/11/2003
Il faut aller voir ce film de Noémie Lvovsky, j’en suis resté bouleversé. Ce film est d’une richesse absolue et montre avec brio ce que les français savent réaliser de mieux en matière de comédie. Il est interprété par des comédiens vraiment parfaits et il est difficile de savoir qui, d’Isabelle Carré, Nathalie Baye ou Jean-Pierre Bacri joue le mieux !

Le film a une forme très particulière, en effet, il est ponctué d’airs plus ou moins lyriques interprétés par un Chœur mixte qui chante la comédie et psalmodie le drame dans un décor à part. J’ai beaucoup aimé cet artifice qui m’a fait pensé à la tragédie de Sophocle où c’était un élément important qui rythmait le drame et apportait un contexte lyrique essentiel au spectateur. Dans ce film, cela apporte une tension émotionnelle supplémentaire aussi bien dans les moments affectés, drôles ou bouleversants. Et sinon, j’ai été impressionné par l’avalanche de couleurs (les décors, la nature, les costumes,…) qui s’épanchent sur l’écran, cela donne au film des allures de carnaval et tend a souligner une cadence et un mouvement vif. Tout le début du film est sur ce ton, tout va bien. Melvil Poupaud, un médecin débutant et posé, est marié à une Isabelle Carré, un peu délurée et fofolle, c’est l’amour fou des débuts. Ils emménagent dans la maison mitoyenne au couple formé par Nathalie Baye et Jean-Pierre Bacri, dont Melvil Poupaud prend la suite en tant que docteur. Entre Baye et Bacri, ça bat gentiment de l’aile après de longues années de mariage, pas malheureux mais pas franchement jovial. Nathalie Baye s’emmerde vigoureusement en tant que mère au foyer et boit un peu trop pour passer le temps et euphoriser un peu sa morne existence. Bacri fait du Bacri mais avec beaucoup plus de nuances que d’habitude. Son personnage est simplement moins statique que dans ses autres films, où il incarne l’allégorie du ronchon de base. Là, il est plutôt déprimé et déçu de la vie, mais il tombe amoureux d’Isabelle Carré avec qui il a une aventure, et reprend goût à l’existence et ses à-côtés.

La liaison finit par être découverte et le drame commence. Tout, dans ce film, est question de sentiments et de passion amoureuse. Le film a le mérite de poser la relation adultérine sans la juger, et de nous faire rentrer dans une de ces histoires de couples qui doivent arriver tous les jours. Isabelle Carré et Bacri ne sont coupables que de s’aimer, Bacri de ne plus s’épanouir dans son mariage, Isabelle Carré de jouer avec le feu et de se laisser rattraper par une passion amoureuse qui la consume, alors qu’elle aime sincèrement son mari. L’expression des sentiments est tout sauf mièvre ou condescendante, et cela est grandement du aux jeux des comédiens. Ils sont tous extraordinaires sans exception.

La réalisatrice joue de tous les répertoires, et on rit sans vergogne à des scènes purement comiques, comme on ne peut que s’émouvoir face au drame et à l’expression confuse et passionnelle des sentiments. Alors là, ce n’est vraiment pas un film qui peut laisser indifférent !

.::Matoo
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