Un film de Enki Bilal
Pays d'origine France
Durée 1h35
Sortie en France 1989
Sortie Mondiale
1989

Avec
Jean-Louis Trintignant (Holm)
Carole Bouquet (Clara)
Maria Schneider (Muriel)
Roger Dumas (Zarka)
Yann Collette (Orsini)
Benoît Régent (Nikolaï)
Svetozar Cvetkovic (Marco)
Jean-Pierre Léaud (Solal)

Scénario Enki Bilal et Pierre Christin




 

Bunker Palace Hotel
 
Huit clos angoissant
 

18/08/2002
L'histoire

Les plus haut dirigeants d'une société en proie à la révolution sont invités à se mettre à l'abris, sous terre, dans un bunker tout équipé.
Las, tout le monde n'est pas là, les derniers arrivants entrent en piteux état et les rares informations qui filtrent sont absolument catastrophiques. Une véritable fresque traitant de la décomposition d'une haute société, des jeux de pouvoir, du totalitarisme et de la bureaucratie.

Quelque part, un jour

En fond sonore, des mitraillettes crachent leurs bouts de métaux meurtriers, l'atmosphère est sombre, les nuages, d'une consistante apocalyptique, déversent sans cesse une pluie blanche, savonneuse, poisseuse. Un homme, seul, froid, quitte méthodiquement son bureau en empruntant les chemins les plus détournés de ce monde en décomposition pour ce rendre dans un endroit inconnu : le bunker. La violence est présente mais elle n'est pas vue. Elle relève plus de la torture mentale qui, par contrecoup, affecte l'entité physique du spectateur noyé dans ses interrogations, sans repère.
Sa seule certitude ? La fin proche d'un monde condamné. Mais de quel monde ? A quelle date ? Quel est le sens des actions effectuées par cet homme "charismatique " ? Pas un mot auquel se rattacher… Ou, pour être exact, il existe des informations diffusent, obtenues par l'écoute attentive de l'arrière plan sonore. Progressivement une frustration envahit le spectateur : que se passe-t-il ?

Huit clos

Progressivement, les événements se mettent en place et commence la vie dans le bunker. Cette classe dirigeante apprécie la sécurité du lieu mais pas son ambiance, à l'image du film, sombre, angoissante, encombrée de disfonction et de personnages inquiétants.
Un corbeau vole, les rôles sont caricaturaux et ceux qui les portent sont ternes, sans envergure, las, à l'image de ce monde en déliquescence.
Cet univers glauque, merveilleusement bien rendu contribue à les rendre sans consistance. Tous ? Non ! Un seul d'entre eux se détache, quasi-irréel, charismatique et mystérieux : Holm.
Chacun attend avec angoisse la venue d'un Président toujours absent en se remémorant une grandeur passée pour garder la tête hors de l'eau.
Le suspens est à son comble, les rebondissements surgissent de manière opportune.

Il s'agit d'un film d'ambiance, laissant un mal-être puissant mais qui permet l'élaboration d'une longue discussion après sa vision notamment sur le rôle du pouvoir, au sens large et générique du terme. Mais en dire plus constituerait un crime de lèse-majesté en vous donnant des repères dont l'absence n'est pas étrangère à cette atmosphère si particulière.



.::Jean
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