Un film de Ken Loach
Pays d'origine GB
Durée 1h46
Sortie en France 11/12/2002

Avec
Liam (Martin Compston)
Chantelle (Annmarie Fulton)
Pinball (William Ruane)
Jean (Michelle Coulter)
Stan (Gary McCormack)

Scénario Paul Laverty
Musique George Fenton
Production Sixteen Films / Road Movies Filmproduktion / Tornasol / Alta Films
Distribution Diaphana




 

Sweet Sixteen
 
Film poignant sur la perte d'innocence
 

07/02/2003
Primé au dernier Festival de Cannes, le scénario de Paul Laverty est le récit implacable d’un rêve simple et pourtant irréalisable qui va virer au cauchemar.

Liam a 15 ans.
Il n’a pas de père.
Sa mère Jean est en prison pour un méfait commis par son petit ami, une sale brute. Son grand-père est un abruti violent.
Sa sœur aînée, Chantelle (17 ans) élève seule son enfant de 18 mois, Callum.
Le meilleur ami de Liam, Pinball, a perdu ses parents, un couple de drogués.

Dans 2 mois, Jean sort de prison. La veille du 16ème anniversaire de son fils… Liam rêve donc d’un foyer où il pourrait vivre avec elle, à l’abri de la violence du grand-père et du pseudo beau-père.
Dans une ville d’Ecosse minée par le chômage et la misère où les gosses sont plus souvent dans les rues qu’à l’école, Liam et Pinball, son fidèle compère d’embrouilles, se lancent dans le trafic de drogue. Intelligent, ingénieux, audacieux et tenace, Liam n’en est pas moins aveuglé par sa quête obsessionnelle (un toit pour sa mère et lui, et s’ils le veulent Chantelle et Callum) et se refuse à voir ses proches tels qu’ils sont. C’est la faille qui va précipiter cet adolescent par ailleurs si attachant dans une succession de choix risqués et par conséquent dans un engrenage irréversible : son entêtement et son aveuglement.

Figure emblématique du cinéma britannique engagé (socialement et politiquement), Ken Loach dresse un portrait sans illusion et sans misérabilisme d’une Ecosse misérable que la mondialisation a laissé sur le bas-côté.

Le seul personnage positif du film est Chantelle, qui ne s’attache qu’aux rêves réalisables et s’efforce de suivre une formation dans l’espoir de donner une vie décente à son fils. Liam, lui, rêve d’étoiles, d’argent, d’un appartement et d’une maman modèle.
Normal pour un gosse de presque 16 ans. Pas pour tout le monde malheureusement. A Chantelle, qui panse ses blessures et lui offre un toit en échange de son aide avec Callum, Liam préfère une mère dont on sent bien les faiblesses. A une vie raisonnable auprès d’une sœur qui l’aime et de son neveu, il préfère l’argent et l’illégalité. Ce sera sa perte.

La scène dans laquelle Liam se fait tabasser plusieurs fois mais réussit finalement à récupérer la drogue qu’on lui a volée (avec l’aide de Pinball) est d’une violence inouïe.
Récit initiatique, Sweet Sixteen voit le jeune héros basculer dans la violence, brisé par ses rêves d’une banalité déconcertante.

Le scénario est remarquable. Tel un constat sans fioritures d’un gâchis immense, le film est brut, cru, néanmoins sensible et se passe de tout jugement sur ses personnages. Ceux-ci sont admirablement joués, en particulier Chantelle et Pinball, et Liam (jeune footballeur professionnel dans la vie) est une véritable révélation.

Du grand cinéma social. Du grand cinéma tout court. C’est bien rare.

.::Sophie
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